Se surévaluer

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Je ne prends plus suffisamment de temps pour écrire mes blogs ces temps-ci. Lorsque je me décide, il faut d’abord que je trouve un sujet intéressant. Généralement, j’essaie de trouver un point qui a attiré mon attention positivement ou négativement. Un petit quelque chose qui peut nous aider ou au contraire, peut nous nuire dans notre évolution.

La richesse de notre art martial fait en sorte qu’une technique possède généralement plusieurs niveaux. Un débutant y découvrira des principes mécaniques de base sur la façon de bouger et d’utiliser la technique. L’étudiant plus avancé y verra un enchevêtrement de mouvements permettant à l’attaquant de se faire piéger de différentes manières. L’étudiant plus avancé y verra l’aspect psychologique et stratégique offert par le kyojutsu.

Chacun peut y apprendre de nouvelles choses en fonction du niveau où il est rendu. Très souvent, il arrive que des étudiants débutants s’acharnent à vouloir corriger des personnes plus avancées qu’elles. Lors d’un voyage au Japon, j’ai vu un homme qui tentait d’expliquer à une ceinture noire comment devait se faire la technique. Il tentait de convaincre sa partenaire d’entraînement sur la façon d’exécuter ce que le professeur venait d’enseigner. Ce faisant, il l’empêchait de travailler de la façon qu’elle désirait. Il ne comprenait pas que l’on puisse travailler différemment de ce qu’il croyait être la vérité. Cette erreur de jugement, on peut la voir régulièrement dans tous les dojos. Des gens qui corrigent ou modifient la technique en voulant l’enseigner à d’autres plutôt que de s’entraîner eux-mêmes. Ce sont généralement de bonnes personnes qui ont une démarche sincère, vouloir aider les autres. Malheureusement, ces gens n’ont pas encore la compétence suffisante pour voir ces différents niveaux de travail qu’il y a au sein d’une même technique.

Assez fréquemment, je dois remettre à leur place des étudiants qui ont ce type de comportement. C’est le rôle du sensei de faire en sorte que ces gens ne nuisent pas à la progression de leur partenaire. Souvent, ces personnes auront tendance à vouloir jouer constamment au professeur plutôt que d’assumer sainement leur rôle d’étudiants. Lorsque je vais au Japon, je laisse mon habit de professeur à la maison. Je suis là pour apprendre, et je n’aiderai mes étudiants que s’ils le demandent ou si je vois que la situation est vraiment catastrophique, ce qui est rarement le cas. Je pense qu’il y a peu de dojos qui n’ont pas occasionnellement un ou deux étudiants de cette catégorie.

Alors, la prochaine fois que vous tenterez de corriger une personne qui a un plus haut niveau que vous-même, posez-vous la question si ce que vous faites est la bonne chose à faire. Dans la plupart des cas, ces interventions ne sont pas un signe de compétence aux yeux des autres, mais un signe de prétention.

 

Bernard Grégoire

Shihan Bujinkan Québec

Source : https://bujinkanquebec.wordpress.com/2015/04/13/se-surevaluer/

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