Des produits sans nom/Products without name

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3 avril 2017 par bujinkanquebec

Beaucoup de gens qui ont pratiqué d’autres arts martiaux et qui viennent s’entraîner à notre dojo sont surpris de constater qu’un grand nombre de techniques que j’enseigne n’a pas de nom. Au début, plusieurs de ces personnes ont l’impression que nous sommes une école désorganisée, qui semble manquer de rigueur. Bien sûr, nous avons un grand nombre de techniques codifiés. Toutes celles qui nous viennent des 9 ryus portent un nom. Mais lorsque l’on regarde Hatsumi sensei enseigner, on réalise qu’il va bien au-delà de ces techniques qui sont codifiés. À mon point de vue, le fait que nous ne nous sentions pas obligés de donner un nom à chaque technique n’est pas une faiblesse, mais au contraire, c’est une force qui nous permet une grande liberté de création. Demander à la plupart des shihans occidentaux du Bujinkan de vous enseigner une technique de défense contre une attaque qu’ils n’ont jamais vue, la majeure partie d’entre eux pourront vous surprendre de l’efficacité de la technique qu’ils vont créer pour vous. Codifier chaque technique, donner un nom pour chaque mouvement devient une entrave à la création et à notre faculté d’adaptation. Ce n’est pas pour rien qu’à de nombreuses reprises, Hatsumi sensei nous a dit de ne pas demeurer prisonniers de la technique. Lorsque je donne des séminaires de défense contre couteau, la plupart des techniques n’ont pas de nom. Mais elles fonctionnent et ont fait leurs preuves en situation réelle. En donnant un nom à chaque mouvement, on se sent obligé de demeurer dans les limites du système. Plutôt que d’improviser de nouveaux concepts, les pratiquants d’arts martiaux retravailleront continuellement les mêmes enchaînements en essayant d’améliorer la vitesse, la précision et tous les paramètres que l’on pourrait programmer chez un robot. En travaillant comme nous le faisons, il peut arriver que nous fassions des erreurs lors de l’exécution d’une technique de défense. Mais si cette erreur arrive, la créativité que nous avons appris à développer nous permet de nous adapter et transforme cette erreur en quelque chose de positif. Les nouveaux étudiants qui passent outre ce premier préjugé constatent rapidement la force et la richesse de notre art martial. Malheureusement, ce n’est pas tout le monde qui peut se sentir bien dans un tel système. Beaucoup de gens ont besoin d’un encadrement sévère, de balises qui dictent les limites de leurs fonctionnements. En nous enseignant comme il le fait, Hatsumi sensei nous amène à nous dépasser, à participer à l’enrichissement de notre art. Notre art martial est vivant et il évolue. Par le fait même, il nous permet une amélioration de notre conscience martiale comme peu d’arts martiaux peuvent le permettre.

 

Many people who have practiced other martial arts and come to train at our dojo are surprised to find that many of the techniques I teach have no name. At first, many of these people have the feeling that we are disorganized school, which seems to lack the rigor. Of course, we have a large number of codified techniques. All those who come to us from 9 Ryus have a name. But when looking at Hatsumi sensei teach, we realize that it goes far beyond those techniques that are codified.

From my point of view, the fact that we do not feel obliged to give a name to each technique is not a weakness, but on the contrary, it is a force that allows us a great freedom of creation. Ask most Western Shihans of the Bujinkan to teach you a technique of defense against an attack they have never seen, most of them will surprise you with the effectiveness of the technique they will create for you. Coding each technique, giving a name for each movement becomes a hindrance to creation and our ability to adapt. It is not for nothing that on many occasions, Hatsumi sensei told us not to remain prisoners of the technique.

When I give seminars of defense against knife, most techniques have no name. But they work and have proved their worth in real life situations. By giving a name to each movement, one feels obliged to remain within the limits of the system. Rather than improvise new concepts, martial arts practitioners will continuously re-engineer the same patterns, trying to improve the speed, accuracy and all the parameters that can be programed in a robot.By working as we do, it may happen that we make mistakes when performing a defense technique. But if this error happens, the creativity that we have learned to develop allows us to adapt and turn this error into something positive.

New students who ignore this first prejudice quickly discover the strength and richness of our martial art. Unfortunately, it’s not everyone who can feel good in such a system. Many people need a strict framework, tags that dictate the limits of their functioning. By teaching us as he does, Hatsumi sensei leads us to surpass ourselves, to participate in the enrichment of our art. Our martial art is alive and evolves. By the same token, it allows us an improvement in our martial awareness as few martial arts can allow.

 

Bernard Grégoire

Yushuu shihan Bujinkan Quebec

Source : https://bujinkanquebec.wordpress.com/2017/04/03/des-produits-sans-nom/  / https://bujinkanquebec.wordpress.com/2017/04/03/products-without-name/

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