Mutodori

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Mutodori

Cette année, 2017, Hatsumi sensei a démontré qu’un mutodori n’est pas simplement le fait de se défendre à mains nues contre une attaque au sabre. Le mutodori est avant tout un état d’esprit. À mon dernier voyage au Japon, Hatsumi sensei a dit que la compréhension des mutodori était la base du vrai budo.

Le mot clé pour la maîtrise des mutodori est sans contredit le contrôle. Contrôler la situation, contrôler l’adversaire, mais avant toute chose, apprendre à se contrôler soi-même. Première erreur dans l’apprentissage des mutodori, cela n’engage que mon point de vue, c’est probablement le fait que la plupart des gens n’ont pas le contrôle de leurs émotions au moment d’exécuter ces techniques. Hatsumi sensei a répété à de nombreuses reprises que l’on ne doit pas faire de techniques, qu’il faut que les choses se fassent de façon naturelle. Je n’avais qu’à jeter un regard autour de moi pour réaliser que ce n’était pas le cas.

Beaucoup de gens désirent bien paraître aux yeux de Soke et des autres personnes présentent sur les cours. Plutôt que de faire ce que Soke enseigne et de se retrouver en terrain inconnu, ils préfèrent se fier à leurs mémoires et reproduire des pattern où ils se sentent en sécurité. Il faut apprendre à quitter sa zone de confort. Hatsumi a déjà dit de se fier à la partie divine qui est à l’intérieur de nous. Si l’on exécute la technique avec la peur de mal paraître, on manque une partie essentielle de l’apprentissage, l’échec.

Deuxième erreur dans l’étude des mutodori, le contrôle total de l’adversaire. Bien sûr, il faut maîtriser l’arme. Mais l’adversaire a deux bras, il est facile pour lui de sortir un autre couteau si l’on ne focalise notre attention que sur l’arme principale. Il faut prendre conscience du jeu de levier qu’offre le corps humain. Vous contrôlez un doigt qui a une incidence sur le poignet, qui lui-même en passant par le coude positionne l’épaule de l’adversaire de façon à orienter ses hanches changeant ainsi l’orientation et les possibilités de mouvements de l’autre bras. Tout cela aura bien sûr un effet sur l’équilibre et la solidité de la structure de l’adversaire.

Troisième erreur, l’état d’esprit. Lorsque l’on fait une technique, on désire gagner au point d’en faire une affaire personnelle. Le mutodori exige que l’on soit détaché de l’action. Lorsque l’on désire trop fort un résultat et qu’il n’est pas au rendez-vous, le cerveau se retrouve perturbé momentanément. Il faut être détaché du combat et laisser les choses s’enchaîner naturellement. Lorsque l’on regarde Hatsumi sensei faire une technique, il agit comme si l’adversaire n’était qu’une distraction sans importance sur son déplacement d’un point A au point B. Il ne focalise pas sur l’obligation de gagner son combat. Son visage ne montre des signes d’agressivité uniquement lorsque son corps a besoin d’énergie supplémentaire pour effecteur une frappe ou une clé. Aussitôt ce moment passé. Il reprend son aspect paisible et détaché. C’est shizen, c’est naturel.

Hatsumi sensei redirige souvent l’attaque de l’adversaire d’un seul doigt. Il exagère volontairement la situation pour nous démontrer que si nous mettons la pression au bon endroit et au bon moment, nous n’avons pas à utiliser de force physique pour contrôler l’adversaire. Au Japon durant les cours, il n’était pas rare de voir des personnes agripper fortement leur partenaire et tenter de les amener au sol par la seule puissance de leurs muscles. Le plus souvent, ces gens prennent tellement de place qu’ils finissent toujours par bousculer tout le monde autour d’eux. Ils désirent un résultat prouvant leur compétence à maîtriser l’adversaire plutôt que d’essayer de s’améliorer, quitte à mal paraître sur le moment.

Nous avons à apprendre énormément des mutodoris. Pour y arriver, il faut accepter que cela prenne du temps et qu’il faille laisser notre égo de côté.

Bernard Grégoire

Yushu Shihan

Bujinkan Québec

 

 

This year, 2017, Hatsumi Sensei demonstrated that mutodori is not simply the fact of defending unarmed against a sword attack. The mutodori is primarily a state of mind. On my last trip to Japan, Hatsumi sensei said that the understanding of mutodori was the basis of the true budo.

The key word for the control of mutodori is undoubtedly control. Control the situation, control the opponent but above all, learn to control oneself. First error in the learning of mutodori, this is only my point of view, it is probably the fact that most people do not have control of their emotions when performing these techniques. Hatsumi sensei has repeatedly said that we must not do techniques, that things must be done in a natural way. I just had to look around to realize that it was not.

A lot of people want to look good in the eyes of Soke and the other people in class. Rather than do what Soke teaches and find themselves in unknown territory, they prefer to rely on their memory and reproduce pattern where they feel safe. We must learn to leave his comfort zone. Hatsumi has already said to trust the divine part that is inside of us. If one executes the technique with the fear of appearing bad, one misses an essential part of learning, failure.

Second error in the study of mutodori, the total control of the opponent. Of course we must manage the weapon. But the opponent has two arms, it is easy for him to take out another knife if we focus our attention only on the main weapon. One must be aware of the leveraging of the human body. You control a finger that has an effect on the wrist, which by itself passes through the elbow positions the opponent’s shoulder so as to orient his hips thus changing the orientation and possibilities of movement of the other arm . All this will, of course, have an effect on the balance and solidity of the opponent’s structure.

Third error, the state of mind. When making a technical, we want to win at the point of making a personal matter. The mutodori requires that one be detached from the action. When one desire too much a result and it is not at the rendezvous, the brain finds itself disturbed momentarily. It must be detached from the fight and let things happen naturally chained. When one looks at Hatsumi sensei to make a technique he acts as if the opponent was an unimportant distraction on his movement from point A to point B. He does not focus on the obligation to win his fight. His face shows signs of aggression only when the body needs extra energy to knock an effector or a key. As soon as this moment passes, it resumes its peaceful and detached aspect. It’s shizen, it’s natural.

Hatsumi sensei often redirects the opponent’s attack with one finger. He voluntarily exaggerates the situation to show us that if we put pressure in the right place and at the right time, we do not have to use physical force to control the opponent. In Japan during classes, it was not uncommon to see people clinging strongly to their partner and trying to get them to the ground by the power of their muscles alone. Most often these people take up so much space that they always end up jostling everyone around them. They want a result proving their ability to master the opponent rather than try to improve, even if it looks bad at the moment.

We have to learn a lot from mutodoris. To get there, we must accept that it takes time and that we must leave our ego aside.

Bernard Grégoire

Yushu Shihan

Bujinkan Québec

 

Source : https://bujinkanquebec.wordpress.com/2017/06/28/mutodori/

https://bujinkanquebec.wordpress.com/2017/06/28/mutodori-2/

 

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